Comment les banques centrales font-elles monter les marchés ?

Auteur: Yan Chan, gérant de capital chez Axone Capital

2026-09-20 · 4 min de lecture

La Fed, la BCE, la BoJ — ces institutions ont un pouvoir direct sur les marchés boursiers. Voici comment et pourquoi.

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Ici Axone Capital — comprends le système, pas juste le graphique. Derrière chaque grand bull market des 20 dernières années, il y a une décision de banque centrale.

Le levier invisible : la liquidité

La plupart des investisseurs débutants pensent que les marchés montent parce que les entreprises font de bons bénéfices. C'est vrai — en partie. Mais il y a une force plus puissante, moins visible, qui détermine souvent la direction générale : la liquidité injectée par les banques centrales.

Quand une banque centrale — la Fed aux États-Unis, la BCE en Europe, la Bank of Japan — baisse ses taux directeurs ou lance un programme de rachat d'actifs (le fameux QE, Quantitative Easing), elle crée de la monnaie nouvelle. Cette monnaie cherche un rendement. Les obligations souveraines rapportent peu ? Les investisseurs vont vers les obligations d'entreprise. Celles-ci rapportent encore trop peu ? Ils vont vers les actions. Et vers l'immobilier. Et vers le private equity.

C'est ce qu'on appelle l'effet de "chasse au rendement" (*yield hunting*). Les banques centrales ne disent jamais "achetez des actions." Mais en rendant les actifs sans risque quasi gratuits, elles poussent les investisseurs à prendre plus de risques pour obtenir un rendement acceptable.

L'anecdote : le "Greenspan Put" et ses héritiers

Dans les années 1990 et 2000, un concept est apparu sur les marchés : le "Greenspan Put". Alan Greenspan, alors président de la Fed, avait la réputation d'intervenir chaque fois que les marchés plongeaient — en baissant les taux pour stabiliser la situation.

Les traders ont rapidement compris la logique : si la Fed protège toujours les marchés à la baisse, le risque d'investir en actions est structurellement réduit. C'est comme avoir une option de vente (un *put*) offerte par la banque centrale.

Ce phénomène a traversé les décennies. Le "Greenspan Put" est devenu le "Bernanke Put" après 2008, puis le "Yellen Put", puis le "Powell Put". À chaque grand krach — 2001, 2008, 2020 — la Fed a répondu en abaissant ses taux et en injectant des liquidités massives. Et à chaque fois, les marchés ont rebondi plus haut qu'avant.

L'un des exemples les plus spectaculaires reste mars 2020. En moins de trois semaines, la Fed a ramené ses taux à zéro, lancé un programme de rachat d'actifs illimité, et créé des facilités de prêt pour les entreprises, les collectivités et même les ETF obligataires. Le S&P 500, après avoir chuté de 34 %, a rebondi de 100 % en 12 mois. Ce n'était pas uniquement parce que le COVID avait disparu. C'est parce que la liquidité mondiale venait de s'envoler.

Ce que ça signifie pour un investisseur

Comprendre le lien entre banques centrales et marchés vous donne un filtre macro puissant. Deux états à surveiller :

Quand les banques centrales sont accommodantes (taux bas, QE actif, conditions financières souples) : les actifs risqués ont le vent dans le dos. Pas de garantie, mais une tendance de fond favorable. C'est souvent le meilleur moment pour rester investi, ou même renforcer.

Quand les banques centrales resserrent (hausse des taux, QT — Quantitative Tightening, réduction du bilan) : les actifs risqués affrontent des vents contraires. Pas de krach automatique, mais les valorisations ont tendance à se comprimer. Les actifs qui ont le plus profité de la liquidité facile (tech à forte croissance, crypto, actifs de longue durée) souffrent généralement davantage.

C'est exactement ce qu'on a vu en 2022 : la Fed a remonté ses taux de 0 % à 5,25 % en 18 mois, et le Nasdaq a perdu 33 %. La liquidité s'était retirée.

La nuance essentielle

Attention à une erreur classique : croire que "banque centrale accommodante = hausse garantie" ou que "banque centrale restrictive = krach inévitable". Ce n'est pas aussi simple.

Les marchés anticipent. Souvent, quand une banque centrale commence à baisser ses taux, les marchés ont déjà monté en anticipation. Et quand les premiers cuts arrivent, une partie de la hausse est déjà "dans les prix". De même, un resserrement peut coexister avec une hausse si les bénéfices des entreprises sont très solides.

La liquidité des banques centrales est une condition nécessaire, pas suffisante. Mais c'est une condition que tout investisseur doit surveiller.


Chez Axone Capital, on intègre l'analyse des conditions de liquidité mondiale dans notre lecture macro systématique. C'est l'une des couches fondamentales de la méthode *Macro · Technique · Mindset* : avant de regarder un graphique, on regarde le contexte global — et les banques centrales en font toujours partie.

*Comprends le système, pas juste le graphique.*

Rapport publié sur Axone Capital, gestion de capital, analyse macro et trading par Yan Chan.