La désinflation en 2026 : le scénario idéal est-il encore possible ?

Auteur: Yan Chan, gérant de capital chez Axone Capital

2026-10-28 · 4 min de lecture

La désinflation sans récession — le "soft landing" — est-elle vraiment en train de se confirmer, ou le contexte macro de 2026 cache-t-il encore des pièges pour l'investisseur ?

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Ici Axone Capital — comprends le système, pas juste le graphique. Et si le retour de l'inflation à 2 % était plus difficile que tout le monde ne le pense — et plus dangereux à traverser ?

Ce que tout le monde croit de l'inflation

Depuis que la Fed a commencé à baisser ses taux en 2024, un récit s'est installé dans les marchés : le "soft landing" est acquis. L'inflation recule, le chômage reste bas, la récession a été évitée. Victoire des banques centrales. Mission accomplie.

Ce récit est séduisant. Il est aussi potentiellement trompeur.

La désinflation — le processus par lequel l'inflation ralentit sans s'effondrer — n'a rien de mécanique. Elle dépend d'un équilibre fragile entre des forces qui s'affrontent : la demande des consommateurs, les attentes d'inflation, les prix de l'énergie, les salaires, et surtout la crédibilité des banques centrales. Changer une seule de ces variables peut tout faire basculer.

L'anecdote qui résume tout : les années 1970-1980

Il faut remonter aux années 1970 pour comprendre pourquoi les banques centrales sont aussi obsédées par l'inflation. À cette époque, la Fed a fait l'erreur classique : baisser ses taux trop tôt, avant que l'inflation soit vraiment maîtrisée.

Résultat : l'inflation est revenue en force. Pas une fois, pas deux fois — trois fois en dix ans. C'est ce qu'on appelle l'inflation en W — elle recule, puis repart, puis recule encore.

C'est pour éviter ce scénario que Paul Volcker, nommé à la tête de la Fed en 1979, a pris une décision radicale : monter les taux jusqu'à 20 %, au risque de provoquer une récession sévère. Ce qu'il a fait. La récession de 1981-82 a été douloureuse. Mais elle a cassé l'inflation — et posé les bases de quarante années de stabilité monétaire.

La leçon ? L'inflation, une fois ancrée dans les anticipations des agents économiques, ne disparaît pas toute seule. Il faut de la douleur pour l'éradiquer. Volcker l'a compris et l'a accepté. C'est pour cela que son nom est gravé dans l'histoire de la finance.

La situation en 2026 : le piège de la demi-victoire

En 2026, la situation est différente — mais les risques ne sont pas nuls. L'inflation est revenue à des niveaux plus raisonnables dans la plupart des économies développées. Mais plusieurs facteurs compliquent la lecture.

Premier piège : l'inflation des services. Les prix des biens manufacturés ont rapidement reflué avec la normalisation des chaînes d'approvisionnement. Mais l'inflation des services — logement, santé, éducation — résiste. Elle est structurellement plus collante parce qu'elle est liée aux salaires, qui eux-mêmes tardent à se normaliser.

Deuxième piège : les anticipations d'inflation. Si les consommateurs et les entreprises commencent à anticiper une inflation persistante, ils ajustent leurs comportements en conséquence — négociation salariale, hausse préventive des prix. Ces anticipations peuvent devenir auto-réalisatrices.

Troisième piège : les chocs externes. Un rebond du prix de l'énergie, une nouvelle tension géopolitique, une mauvaise récolte mondiale — n'importe lequel de ces chocs peut relancer l'inflation au moment où on pensait l'avoir maîtrisée.

Ce que ça change pour toi en tant qu'investisseur

Comprendre la désinflation, ce n'est pas seulement de la macroéconomie abstraite. C'est directement utile pour prendre des décisions.

Si la désinflation se confirme durablement, les obligations d'État redeviennent attractives. Les valorisations des actions de croissance se normalisent. Le coût du capital baisse — ce qui bénéficie aux entreprises endettées et aux projets à long terme.

Mais si l'inflation résiste, ou si elle fait un rebond, le scénario change du tout au tout. Les taux longs restent élevés, les obligations souffrent, et les secteurs les plus sensibles aux taux — immobilier, technologie à forte valorisation — font face à des vents contraires persistants.

C'est pourquoi, chez Axone, on ne suit pas un seul scénario. On construit un raisonnement par régimes : dans quel contexte macro sommes-nous aujourd'hui, quels actifs performent dans ce régime, et quels signaux doivent nous alerter d'un changement de régime ?

La leçon du jour

L'histoire de la désinflation nous enseigne une chose simple mais profonde : les batailles contre l'inflation se gagnent sur la durée, pas sur une seule baisse de taux. La vigilance est de mise, même quand tout semble aller bien.

Si tu veux aller plus loin sur ces mécanismes macro — comment lire les régimes, comment positionner son portefeuille selon le contexte — c'est précisément ce qu'on approfondit chez Axone Capital, dans notre méthode "Macro · Technique · Mindset". Rejoins la formation pour comprendre comment mettre tout ça en pratique.

Rapport publié sur Axone Capital, gestion de capital, analyse macro et trading par Yan Chan.