Pourquoi la majorité des fonds ne bat pas l'indice ?

Auteur: Yan Chan, gérant de capital chez Axone Capital

2026-08-25 · 4 min de lecture

La gestion passive bat la gestion active dans la durée — voici pourquoi, et ce que ça change pour toi.

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Ici Axone Capital — comprends le système, pas juste le graphique. Et si la clé pour surperformer les marchés, c'était justement de ne plus essayer de les battre ?

La leçon : le paradoxe de la performance

Il y a quelque chose de profondément contre-intuitif dans la finance moderne : plus un gérant de fonds travaille dur — analyse, modèles, réunions, stress — moins il a de chances de battre un simple algorithme qui reproduit mécaniquement un indice.

Pourtant, c'est ce que les données montrent sans ambiguïté depuis cinquante ans.

L'étude SPIVA, publiée chaque année par S&P Dow Jones Indices, mesure la proportion de fonds gérés activement qui sous-performent leur indice de référence. Sur dix ans, en Europe comme aux États-Unis, environ 85 à 90 % des fonds actions à gestion active font moins bien que leur indice de référence — net de frais. Ce n'est pas un millésime, ni une exception : c'est une constante statistique.

Comment expliquer un résultat aussi contre-intuitif ?

La réponse tient en trois mécanismes que tu dois comprendre.

Premier mécanisme : les frais, l'ennemi silencieux. Un fonds géré activement prélève en moyenne entre 1,5 % et 2,5 % de frais annuels. Un ETF indiciel, lui, coûte entre 0,10 % et 0,20 %. Sur vingt ans, cette différence de 1,5 à 2 points par an devient colossale à cause des intérêts composés. Imagine deux investisseurs qui placent 10 000 € à 8 % brut par an. Le premier paie 2 % de frais : il récupère 6 % net. Le second paie 0,15 % : il récupère 7,85 % net. Après 20 ans ? 32 000 € contre 45 000 €. Les frais, c'est la différence entre deux retraites.

Deuxième mécanisme : l'hypothèse des marchés efficients. La théorie, formulée par l'économiste Eugene Fama dans les années 1960 — et récompensée par le prix Nobel d'économie en 2013 — dit que dans un marché liquide, les prix des actifs reflètent déjà l'ensemble des informations disponibles. Si tout est déjà dans le prix, il est extraordinairement difficile d'avoir un avantage informationnel régulier sur l'ensemble du marché. Les gérants actifs ne jouent pas contre des amateurs — ils jouent contre d'autres professionnels, tout aussi informés, tout aussi bien équipés.

Troisième mécanisme : le biais de survivance. Les statistiques sur les fonds ne comptent que les fonds qui existent encore. Ceux qui ont fermé — souvent après de mauvaises performances — disparaissent des données. C'est ce qu'on appelle le *biais de survivance*. Il rend les performances historiques des fonds actifs encore plus flatteuses qu'elles ne le sont en réalité.


L'anecdote : le pari d'un siècle

En 2007, Warren Buffett parie un million de dollars devant le monde entier qu'aucun portefeuille de hedge funds ne battra un simple ETF sur le S&P 500 sur dix ans. Ted Seides, gestionnaire chez Protégé Partners, relève le défi et sélectionne cinq fonds de hedge funds parmi les meilleurs de la planète.

Résultat en 2017 : le S&P 500 avait progressé de +125,8 %. Les cinq fonds sélectionnés par Seides : +36,3 % en moyenne. Trois d'entre eux avaient même affiché des performances inférieures à l'inflation.

Buffett a versé le million de dollars à une organisation caritative. Mais l'enseignement, lui, vaut beaucoup plus : si les gérants de hedge funds les mieux payés du monde ne parviennent pas à battre un indice mécanique sur une décennie, qu'est-ce que ça dit sur les fonds grand public commercialisés par ta banque ?

La réponse est simple, et c'est ce que Buffett a dit à sa femme dans son testament : *"Place 90 % en ETF S&P 500, 10 % en obligations courtes. C'est tout."*


Ce que ça change pour toi

Comprendre ce mécanisme ne signifie pas que la gestion active est inutile dans tous les cas — certains segments moins liquides, comme les petites capitalisations ou les marchés émergents, laissent plus de place à l'alpha d'un gérant compétent. Mais pour la grande majorité des épargnants, dans les marchés développés liquides, la gestion passive est mathématiquement et statistiquement supérieure sur le long terme.

Ce que ça change concrètement :

  • Tu sais pourquoi les fonds de ta banque sous-performent souvent le marché.
  • Tu comprends que la solution n'est pas de chercher le bon gérant — c'est de réduire les frais et d'allonger l'horizon.
  • Tu vois dans le MSCI World non pas une solution par défaut pour les paresseux, mais une stratégie optimisée pour l'investisseur rationnel.

La gestion passive n'est pas la résignation. C'est la maîtrise des règles du jeu.

Pour aller plus loin — comment construire un portefeuille d'ETF adapté à ta situation, calibrer le risque, et décider quand intervenir : c'est exactement ce qu'on enseigne chez Axone. Le système, pas juste le graphique.

Rapport publié sur Axone Capital, gestion de capital, analyse macro et trading par Yan Chan.