Pourquoi vend-on toujours au pire moment en bourse ?

Auteur: Yan Chan, gérant de capital chez Axone Capital

2026-09-28 · 3 min de lecture

La plupart des investisseurs perdent non pas parce qu'ils choisissent mal leurs actifs, mais parce qu'ils vendent au mauvais moment — Kahneman a expliqué pourquoi.

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Ici Axone Capital — comprends le système, pas juste le graphique. Aujourd'hui, on parle du réflexe qui ruine le plus d'investisseurs : vendre précisément au mauvais moment.

La leçon : l'ennemi dans la tête

Il existe une étude menée par Fidelity Investments — l'une des plus grandes maisons de gestion américaines — sur ses propres clients. La question était simple : quels comptes ont obtenu les meilleurs rendements sur longue période ?

La réponse a surpris tout le monde : les comptes des clients qui avaient oublié qu'ils avaient un compte. Les morts. Les gens qui ne se souvenaient plus de leur mot de passe. Ceux qui avaient ouvert un compte, investi, et laissé tomber.

Leurs portefeuilles avaient battu la quasi-totalité des investisseurs actifs.

Pourquoi ? Parce qu'ils n'avaient pas vendu.

L'investisseur moyen perd des rendements considérables — non pas à cause de mauvais choix d'actifs, mais à cause du mauvais timing de ses décisions d'achat et de vente. C'est ce que les chercheurs appellent le "behavior gap" : l'écart entre le rendement d'un fonds et le rendement réellement encaissé par ses détenteurs, qui achètent haut et vendent bas.

L'anecdote : Kahneman et la douleur qui pèse deux fois plus

Daniel Kahneman — prix Nobel d'économie en 2002 — a passé des décennies à étudier comment le cerveau humain prend des décisions financières. Sa découverte la plus connue : la douleur de perdre est environ deux fois plus intense psychologiquement que le plaisir de gagner.

Ce n'est pas une métaphore. C'est mesuré en laboratoire. Si tu perds 100 euros, tu ressens une douleur psychologique équivalente à celle qu'un gain de 200 euros t'aurait apporté en plaisir.

Concrètement : si ton portefeuille perd 15 %, tu ressentiras une souffrance bien supérieure à celle qu'une hausse de 15 % t'aurait procuré de satisfaction. Cette asymétrie pousse les investisseurs à surréagir aux baisses.

En mars 2020, au pire de la panique Covid, des millions d'investisseurs particuliers ont vendu leurs actions. Le Nasdaq a perdu 30 % en quelques semaines. Beaucoup ont craqué. Et le marché a récupéré l'intégralité de ses pertes en moins de 6 mois.

Ceux qui ont vendu en panique n'ont souvent pas racheté avant que les marchés aient déjà récupéré. Ils ont cristallisé une perte pour observer une reprise de loin.

Comment ne pas être ce vendeur ?

Il n'existe pas de remède magique à l'aversion à la perte. Mais il existe des mécanismes qui réduisent les chances d'une mauvaise décision émotionnelle.

Le premier est l'automatisation. Programmer des investissements mensuels réguliers — sans se connecter au compte en dehors de ces moments — c'est s'ôter physiquement la possibilité de paniquer. C'est la philosophie du DCA.

Le second est d'établir une règle de sortie avant d'entrer. Si tu sais, avant d'investir, que tu acceptes de tenir 5 ans minimum, la volatilité à 3 mois ne déclenche plus les mêmes émotions. Tu as une règle. Tu la suis.

Le troisième, c'est comprendre que la volatilité ne tue pas les portefeuilles. C'est la vente qui cristallise les pertes. Tant que tu ne vends pas, une baisse de 30 % est une donnée comptable. Ce n'est que lorsque tu vends qu'elle devient une perte réelle.

Axone Capital t'aide à comprendre ces mécanismes — et à construire une méthode qui y résiste. La discipline n'est pas innée. Elle s'apprend, et surtout, elle se systématise.

Rapport publié sur Axone Capital, gestion de capital, analyse macro et trading par Yan Chan.