La saisonnalité boursière : peut-on vraiment "vendre en mai et partir" ?
Auteur: Yan Chan, gérant de capital chez Axone Capital
· 4 min de lecture
Sell in May and Go Away" est l'un des dictons les plus célèbres de la finance. Mais les statistiques le confirment-elles vraiment ?
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Ici Axone Capital — comprends le système, pas juste le graphique. Il existe un dicton vieux de plusieurs siècles qui circule encore dans les salles de marché : *Sell in May and Go Away*.
Qu'est-ce que la saisonnalité boursière ?
La saisonnalité boursière, c'est l'idée que les marchés financiers ne progressent pas de manière uniforme tout au long de l'année. Certains mois seraient structurellement plus favorables que d'autres. Pas à cause d'une prophétie magique, mais à cause de comportements humains qui se répètent : le calendrier fiscal, les saisons de résultats, les vacances des grands acteurs institutionnels.
Le dicton *Sell in May and Go Away* — en français, « Vends en mai et pars » — suggère de sortir des marchés en mai pour n'y revenir qu'en novembre. Pourquoi novembre ? Parce que c'est là que recommenceraient les six mois les plus favorables à la bourse.
Mais est-ce que les chiffres confirment cette intuition ?
L'anecdote historique : les traders de la City qui prenaient l'été
L'origine du dicton vient en partie du comportement de la haute finance londonienne au XIXe et début XXe siècle. Les banquiers et aristocrates britanniques qui investissaient en bourse avaient une habitude bien ancrée : quitter Londres au printemps pour leurs propriétés à la campagne ou leurs séjours à la mer.
En partant, ils liquidaient une partie de leurs positions. Moins de capitaux actifs, moins d'achats. Le marché avait tendance à stagner ou baisser pendant l'été, le temps que tout ce monde revienne en septembre-octobre pour préparer la fin d'année.
La phrase complète du dicton britannique original était d'ailleurs plus longue : *"Sell in May and go away, come back on St. Leger's Day."* — la fête de St Leger désignait une course hippique courant septembre, date de retour traditionnel des aristocrates londoniens.
Autrement dit, une règle de trading née... des vacances à la campagne.
Ce que les statistiques disent vraiment
Plusieurs études ont analysé les performances historiques des marchés selon les mois. Voici ce qu'on observe sur le S&P 500 sur plusieurs décennies :
Les six mois allant de novembre à avril affichent en moyenne une performance significativement supérieure à ceux allant de mai à octobre. Sur les données longues, l'effet est réel — mais il est statistique, pas systématique.
Ce qui veut dire que certaines années, mai à octobre sont excellents. D'autres années, la règle tient parfaitement. En 2009, pendant la reprise post-crise, rester investi de mai à octobre était une excellente décision. En 2011 ou en 2022, le proverbe aurait été utile.
La conclusion honnête : l'effet saisonnier existe dans les données, mais il n'est pas assez fiable pour qu'un investisseur particulier en fasse une règle mécanique.
Pourquoi cet effet persiste-t-il ?
Plusieurs facteurs contribuent à la faiblesse estivale habituelle des marchés :
Les volumes baissent. En été, de nombreux gérants institutionnels, traders et décideurs sont en vacances. Moins d'acteurs actifs = moins de liquidité = les marchés peuvent exagérer les mouvements dans les deux sens, mais aussi stagner.
La période de résultats. Les publications de résultats trimestriels se concentrent sur janvier-février, avril-mai et juillet-août. Hors de ces fenêtres, les catalyseurs frais manquent.
L'effet fiscal de fin d'année. En novembre-décembre, les investisseurs institutionnels américains, soumis aux règles fiscales sur les plus-values, ont souvent intérêt à rééquilibrer leurs portefeuilles — ce qui peut créer de l'élan.
Ce que ça change pour vous concrètement
Si vous investissez chaque mois automatiquement (en DCA), la saisonnalité ne doit pas vous faire changer de comportement. Le DCA fonctionne précisément parce qu'il lisse les entrées sur l'année entière — y compris sur les périodes moins favorables.
En revanche, si vous êtes un investisseur actif qui cherche à renforcer ses positions sur des creux ou à allouer un capital neuf, l'historique suggère que les entrées autour de mai-juin peuvent, en moyenne et sur le long terme, offrir des points d'entrée légèrement plus intéressants que les achats de novembre-décembre.
Légèrement. Pas systématiquement. Jamais garantis.
La leçon Axone
La saisonnalité est un outil de contexte, pas une règle de trading. Elle vous aide à comprendre pourquoi les marchés ont parfois des comportements inhabituels en été — c'est culturel, institutionnel et historique. Mais elle ne remplace pas l'analyse macro, les fondamentaux des entreprises ou la gestion de votre risque.
Chez Axone Capital, la méthode *Macro · Technique · Mindset* vous apprend à lire ces effets dans leur contexte, pas à les appliquer mécaniquement. Un dicton vieux de deux siècles peut être informatif. Il ne peut pas être votre seule boussole.
Si vous voulez aller plus loin et comprendre comment intégrer la saisonnalité dans une stratégie d'allocation cohérente, c'est précisément ce genre d'approche que nous développons dans la formation Axone sur l'investissement — l'angle pratique, avec le contexte macro et les outils pour prendre de meilleures décisions.