Le value investing est-il encore pertinent en 2026 ?
Auteur: Yanis, gérant de capital chez Axone Capital
· 4 min de lecture
Acheter des actions décotées et attendre — la méthode de Buffett et Graham fonctionne-t-elle encore à l'ère des algorithmes et des megacaps tech ?
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Ici Axone Capital — comprends le système, pas juste le graphique. Aujourd'hui, une stratégie qui a fait naître les plus grandes fortunes boursières du siècle dernier — et qu'on répète "morte" depuis vingt ans sans jamais l'enterrer vraiment.
La leçon : qu'est-ce que le value investing ?
Le value investing, c'est une idée simple en apparence : acheter une action pour moins que ce qu'elle vaut réellement, attendre que le marché s'en rende compte, et encaisser la différence. Pas de prédiction macroéconomique. Pas de timing sur les taux. Juste : est-ce que ce que j'achète vaut plus que ce que je paye ?
Derrière cette simplicité se cache une discipline exigeante. Pour savoir si une entreprise vaut plus que son prix de marché, il faut lire les bilans, comprendre le modèle économique, estimer les flux futurs, et avoir le tempérament pour tenir une position que le marché refuse de valoriser — parfois pendant des années.
L'idée a été formalisée dans les années 1930 par Benjamin Graham, professeur à Columbia et auteur de *The Intelligent Investor*. Son principe central : il faut acheter avec une marge de sécurité. Si tu estimes qu'une entreprise vaut 100, tu n'achètes pas à 95 — tu attends qu'elle tombe à 60 ou 70. L'écart entre la valeur intrinsèque et le prix payé, c'est ta protection contre l'erreur d'analyse et contre les imprévus.
L'anecdote : le cigare, le château, et Charlie Munger
Graham aimait une métaphore : trouver un "mégot de cigare" — une entreprise tellement décotée qu'il restait juste assez de valeur pour une dernière bouffée. Tu achètes à 40 une entreprise qui vaut 60 en actifs nets. Tu attends. Tu vends. Tu passes au suivant.
Cette approche a fonctionné pendant des décennies. Puis Warren Buffett a réalisé quelque chose que Graham n'avait pas pleinement intégré : une entreprise médiocre à prix bradé reste une entreprise médiocre. Ce que tu veux, ce n'est pas un mégot de cigare — c'est un grand cru à un prix raisonnable.
La différence entre les deux visions, c'est Charlie Munger qui l'a articulée avec netteté : "Il est bien meilleur d'acheter une entreprise extraordinaire à un prix juste, qu'une entreprise juste à un prix extraordinaire." Buffett a souvent dit que c'est Munger qui l'a transformé d'un chasseur de mégots en un investisseur de qualité. Coca-Cola. American Express. Apple. Des franchises durables, des marques puissantes, des avantages compétitifs difficiles à éroder.
Le value investing est-il mort ?
La critique revient régulièrement : depuis 2010, les entreprises de croissance — les megacaps tech — ont écrasé les entreprises "value" traditionnelles. Les banques, les industriels, les utilities ont sous-performé de manière spectaculaire. Un ETF sur le Nasdaq a battu presque tous les fonds value sur dix ans.
Mais "sous-performer" n'est pas "mourir". La décennie 2010-2020 était caractérisée par des taux bas historiques, qui favorisent mécaniquement les entreprises dont la valeur est dans des flux lointains — les sociétés de croissance. Quand les taux remontent, la mécanique s'inverse. Entre 2022 et 2024, les valeurs décotées ont retrouvé de la vigueur.
Plus fondamentalement, le value investing n'est pas une formule magique — c'est un cadre de raisonnement. Payer moins que la valeur intrinsèque, tenir avec discipline, raisonner à long terme. Ces principes ne deviennent jamais obsolètes. Ce qui change, c'est où se trouve la valeur : dans les actifs tangibles hier, dans les marques et les effets réseau aujourd'hui.
Ce que ça demande vraiment
Le value investing exige du temps, de la compétence analytique, et une tolérance à la sous-performance temporaire que peu d'investisseurs ont vraiment. Pendant que le marché monte sur une vague de sentiment, un portefeuille value peut stagner pendant deux, trois, quatre ans — même si l'analyse est juste.
C'est là que le mindset décide. Graham disait que le marché à court terme est une machine à voter — il reflète les humeurs. À long terme, c'est une machine à peser — il finit par reconnaître la valeur réelle. L'investisseur value doit vivre dans le long terme sans se laisser emporter par le court terme.
Est-ce que ça résonne avec ta façon d'investir ? Chez Axone Capital, on couvre les mécaniques, le contexte macro, et le cadre mental pour tenir. À très vite.