Faut-il vraiment avoir de l'or dans son portefeuille ?
Auteur: Yanis, gérant de capital chez Axone Capital
· 3 min de lecture
Le portefeuille le plus moqué de la finance vient de signer sa meilleure année depuis 1933. Pourquoi une petite dose d'or et de matières premières change tout le jour où ça secoue.
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Ici Axone Capital — comprends le système, pas juste le graphique. Faut-il vraiment avoir de l'or dans son portefeuille ? Cette année, la réponse est plus claire que jamais.
Une stratégie qu'on adore moquer
Il existe une allocation vieille de plusieurs décennies, tellement simple qu'on la moque souvent. On l'appelle le portefeuille permanent, ou portefeuille Harry Browne. Le principe tient en une phrase : tu coupes ton capital en quatre parts égales. Un quart en actions, un quart en obligations, un quart en matières premières — dont l'or — et un quart en cash. C'est tout. Pas de prédiction, pas de market timing. Quatre quarts, qu'on rééquilibre de temps en temps.
Et en 2026, ce portefeuille tout bête vient de signer sa meilleure année depuis 1933. Plus de vingt-six pour cent depuis le début de l'année, selon les données de Bank of America. Du jamais vu depuis quatre-vingt-treize ans.
Pourquoi ça marche cette année
Le contexte de 2026, c'est exactement celui pour lequel ce portefeuille a été pensé. Guerre en Iran, inflation qui repart, marchés actions nerveux, taux obligataires sous pression. Dans ce genre d'environnement, les matières premières explosent — et l'or en tête, avec un rendement annualisé autour de trente et un pour cent cette année.
L'idée du portefeuille permanent, c'est de ne jamais parier sur un seul scénario. Tu détiens en permanence l'actif qui marche dans chaque situation : les actions pour la croissance, les obligations pour les récessions, l'or pour l'inflation et les crises, le cash pour dormir tranquille. Quand un pilier s'effondre, un autre prend le relais.
Le truc que presque personne ne fait
Voici le détail qui fait mal : les clients privés de Bank of America détiennent en moyenne zéro virgule quatre pour cent de leur portefeuille en or. Quasiment rien. Et c'est probablement pareil pour la grande majorité des épargnants français. Combien de gens autour de toi ont ne serait-ce que deux ou trois pour cent d'or ? Presque personne.
Pourtant, ce n'est pas un pari de spéculateur. Un peu d'or physique, un ETF or, ou un ETF matières premières diversifié — c'est de la diversification de base. Le genre de brique qui ne change pas grand-chose quand tout va bien, mais qui change tout quand le marché part en vrille.
Ce qu'il faut retenir
Le portefeuille permanent n'est pas magique. Quand les marchés montent tranquillement, il sous-performe un portefeuille cent pour cent actions. C'est le prix à payer. Mais en période de turbulences, il fait exactement ce qu'on lui demande : il protège, il diversifie, et parfois, comme cette année, il surperforme largement.
La leçon est simple : on ne construit pas son allocation pour le scénario qu'on espère, mais pour tous les scénarios possibles. Une petite dose d'or et de matières premières, et le profil de risque de ton portefeuille change complètement le jour où ça secoue.
C'est exactement l'état d'esprit qu'on cultive chez Axone Capital : la macro qui dirige, la diversification qui protège, et la discipline qui fait le reste. Pas besoin d'être un génie pour traverser une crise. Il suffit d'être préparé — avant qu'elle n'arrive.