Faut-il investir en Europe ou aux États-Unis ?
Auteur: Yanis, gérant de capital chez Axone Capital
· 4 min de lecture
Europe ou États-Unis — la réponse qui fait vraiment gagner de l'argent n'est pas celle que vous attendez.
Ici Axone Capital — comprends le système, pas juste le graphique. Beaucoup d'investisseurs choisissent "Europe ou États-Unis" comme s'ils choisissaient une équipe sportive — et c'est exactement cette erreur de cadre qui leur coûte du rendement.
La question qui cache une vraie erreur de raisonnement
Quand on débute en bourse, la question semble naturelle : faut-il investir en Europe ou aux États-Unis ? L'Europe semble familière. Les États-Unis paraissent dynamiques — Silicon Valley, les rendements historiques du S&P 500.
Mais poser la question comme un choix binaire, c'est déjà partir avec un mauvais cadre.
Voici pourquoi. Les marchés ne sont pas des géographies. Quand tu achètes du LVMH, tu t'exposes à la consommation de luxe mondiale — dont plus de la moitié des ventes est faite en Asie et aux États-Unis. Quand tu achètes Apple, ses revenus viennent du monde entier, y compris massivement d'Europe. La liste d'une action sur une bourse ne détermine pas ton exposition économique réelle.
La vraie question n'est pas "où sont listées les actions" mais "à quelle exposition économique tu veux accéder et à quel prix".
Ce que disent vraiment les données
Sur 30 ans, le marché américain a largement surperformé les marchés européens. C'est un fait — mais il cache des cycles importants que la plupart des investisseurs ignorent.
Dans les années 2000-2012, plusieurs marchés européens — notamment les marchés nordiques et allemand — ont battu le S&P 500 en termes de rendement total. La raison principale : le dollar. Quand le billet vert est faible, les actifs américains surperforment moins une fois convertis en euros. C'est un risque de change que beaucoup d'investisseurs européens ignorent totalement quand ils achètent des ETF américains.
L'autre facteur clé, c'est la valorisation. Les marchés américains se traitent historiquement à des primes de valorisation élevées — logique pour des entreprises structurellement plus rentables et en croissance. Mais une prime élevée compresse le rendement futur attendu.
L'Europe est structurellement moins chère — pas parce que les entreprises européennes sont mauvaises, mais parce qu'elles évoluent dans un contexte macro différent. Est-ce que cet écart a des chances de se réduire ? C'est LA question à se poser avant d'allouer.
L'anecdote : Peter Lynch et le biais domestique
Peter Lynch, qui a géré le fonds Magellan chez Fidelity avec des rendements annuels proches de 30 % sur 13 ans, avait remarqué quelque chose d'intéressant : les investisseurs américains ignoraient systématiquement les opportunités européennes parce qu'elles semblaient "trop loin". Et les investisseurs européens sous-pondéraient les États-Unis parce que "c'est compliqué".
Les économistes appellent ça le home bias — le biais domestique. On surpondère ce qui est familier, indépendamment de l'analyse fondamentale. Et Lynch a tiré profit de ce biais pendant des années en cherchant là où les autres investisseurs ne regardaient pas.
La leçon : si tout le monde regarde dans la même direction, la valeur est souvent ailleurs.
Ce que ça change pour ton portefeuille
Construire un portefeuille, ce n'est pas choisir un camp géographique. C'est calibrer une exposition économique en fonction de trois variables :
Le cycle du dollar — fort ou faible par rapport aux autres devises — change radicalement le rendement des actifs américains pour un investisseur européen.
Les valorisations comparées — à quelle prime le marché américain traite-t-il par rapport à l'Europe ? Cette prime est-elle justifiée par la différence de qualité des bénéfices ?
Ton objectif — cherches-tu de la croissance du capital ou du revenu régulier ? Les marchés européens ont historiquement des rendements de dividendes plus élevés.
Ces trois variables changent selon les cycles. Ce qui veut dire que l'allocation géographique optimale change aussi — ce n'est pas une décision qu'on prend une fois et qu'on oublie.
Pour apprendre à construire et rééquilibrer ton portefeuille en fonction de ces cycles — avec une méthode macro, technique et mindset — retrouve la formation complète chez Axone Capital. Le détail du "comment" est au cœur de notre approche.